Colombie: le début d’une quête personnelle

Carthagène des Indes,

Voilà deux semaines que je suis en Colombie. Je suis arrivée à Bogota sans programme ni itinéraire précis, et ça, ça ne me ressemble pas du tout. Du coup je ne sais pas à quoi m’attendre avec ce voyage. Comme toujours j’aimerais découvrir de nouveaux endroits et une nouvelle culture. Mais si je suis honnête avec moi-même, ce que j’espère au fond c’est apprendre à lâcher prise et à faire un peu plus confiance à la vie tout en profitant de choses que j’aime. Tout un (non-)programme donc! En arrivant à Bogota, je me disais qu’après une semaine d’acclimatation je rejoindrais Cali (la capitale mondiale de la salsa ^^) pour danser. Mais finalement j’ai changé de plan. Alors pour ce voyage, je pense que je vais prendre les idées comme elles viennent. Ma nouvelle devise: me laisser porter…


Bogota: une bonne surprise

Quand je suis arrivée à Bogotá, je n’ai vraiment pas eu chaud…Perchée à 2700m d’altitude, la capitale n’est pas l’endroit du pays où l’on profite de la meilleure météo. J’avais réservé une semaine dans une auberge de jeunesse du quartier Chapinero del Norte, histoire de découvrir un peu la ville, la culture, les gens. Et je dois dire que tout de suite, j’ai trouvé l’accueil des colombiens fort sympathique. En plus, dès les premiers jours, ça a été un plaisir pour moi d’entendre autant de musique en passant devant les magasins quels qu’ils soient. Ça m’a mise dans l’ambiance du voyage.

Malheureusement avec le temps maussade, j’ai vite attrapé la crève. Alors j’ai passé 2 jours à végéter dans mon hostel, pensant que j’étais en train de perdre du temps précieux sur mon aventure colombienne. Mais c’était faux! D’abord, car prendre soin de soi n’est jamais une perte de temps. Ça il faut définitivement que je l’intègre. Mais le plus cool c’est qu’en restant dans mon auberge, j’ai pu rencontrer des gens très sympas. Il y avait des voyageurs de tout horizon , certains en début, d’autres en fin de voyage. Et il y avait aussi des colombiens de passage pour des salons, et des formations. On a partagé anecdotes et repas, et en prime j’ai eu de la compagnie pour mon dernier jour de visites 🙂 ! Donc au final Bogota aura été un sympathique point de départ en Colombie, riche en rencontres et en découvertes, dont je partage un petit aperçu ici.

  • Le monserrate: le panorama sur la ville

A 31250m d’altitude (400m environ au desssus de la ville) , le Monserrate devait me permettre de profiter du meilleur panorama de Bogota. Je crois que c’est seulement en y montant que j’ai vraiment commencé à me rendre compte à quel point cette ville est immense. Sur la photo, on ne voit même pas toute la ville.

  • La Candelaria et l’hypercentre: la fourmilière

La Candelaria fait la part belle aux habitations colorées et à l’art de rue inspiré. C’est un plaisir de s’y promener en journée. Dans le reste de l’hypercentre, l’architecture est un peu plus grisonnante et les bâtiments sont bien plus haut. Il y a beaucoup de gens, beaucoup de bus, beaucoup de tout, et toujours autant d’art de rue.

  • Le Musée de l’or de Bogota: culture & histoire

J’ai adoré ce musée. Au musée de l’or, il ne s’agit pas que d’or mais bien de culture, de tradition et de civilisation. Avec l’exposition permanente, j’ai eu l’occasion de découvrir les cultures colombiennes de l’époque pré-hispanique (la visite guidée était très bonne). Avec la colonisation espagnole beaucoup de la culture amérindienne locale a disparu, mais ce musée lui rend vraiment hommage.

A l’exposition temporaire, le focus était sur une toute autre partie de la culture colombiennes: les paterias. Ce sont des femmes afro-colombiennes de la côte pacifique qui aident les femmes dans leur grossesse et leur accouchement grâce à un savoir faire traditionnel et avec l’aide de plantes et de rituels. Oui, il y a eu la traite négrière en Colombie pendant la colonisation espagnole. Avec cette exposition, c’est une autre partie de la culture colombienne qui est mise en avant: l’héritage africain. Bref le musée de l’or c’était un très beau musée.


Carthagène des Indes: du soleil, de belles façades et de l’Histoire

Après Bogota, j’ai voulu retrouver le soleil. En pleine saison des pluies le meilleur choix pour moi s’est avéré être la côte caraïbes. Elle a non seulement le soleil, là où les autres régions voient la pluie, mais aussi une identité bien à elle et une grande diversité de paysages (plages, forêts denses, massif côtier et désert). C’est comme ça que j’ai pris mon billet pour Carthagène des Indes. Et comme je l’espérais, à mon arrivée j’ai retrouvé le soleil et la chaleur qui m’avait tant manqués depuis mon départ d’Andalousie. Par contre, climat tropical oblige, mes amis de toujours les moustiques m’ont retrouvée 🙁

Carthagène c’est une ville portuaire de la côte caribéenne. C’est une ville très visitée en Colombie. Le centre historique et la fortification de San Felipe sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ça explique beaucoup. Ici, j’ai vu des couleurs dans la population et sur les murs. J’ai aussi entendu de la musique de toute la caraïbes et profité du quartier Getsemani, dont les peintures murales mettent à l’honneur la beauté noire. J’ai aussi rencontré de jeunes Palenqueras avec leur robes colorées et ai appris davantage sur Palenque de San Basilio. Avec elles c’était sympa de discuter. Je suis revenue les voir plusieurs fois et j’en ai profité pour me faire coiffer. Une coiffure protectrice c’est bien pour mes cheveux avec cette chaleur. Aussi, à côté des visites, j’ai mangé du bon poisson quasi tous les jours et j’ai pris le temps d’aller me détendre sur une petite île au calme, loin de la foule.

Il y a cependant davantage à découvrir sur Carthagène que les attractions touristiques. Pendant ma semaine, j’ai appris beaucoup sur le port qui a vu arriver des bateaux d’esclaves pendant la colonisation espagnole. C’est une ville où la révolte, après que les espagnols aient refusés la citoyenneté aux descendants d’esclaves (source: exposition permanente Museo Historico Cartagena) a mené à l’indépendance de la région. En tant que franco-caribéenne, je m’intéresse beaucoup à ces pans de l’Histoire, même si à chaque fois la colonisation et tout ce qui en découle jusqu’à maintenant me laissent toujours un goût amer. Dans tous les cas, je suis contente d’avoir pu découvrir un peu Carthagène, ses habitants, son histoire. Une bonne découverte.


La suite…

Bogota et Carthagène ont été un excellent point de départ pour ma découverte de la Colombie. J’y ai découvert la gentillesse des colombiens, leur gastronomie et une partie de la culture métissée du pays. Ce dernier point, me fait me poser des questions sur ma propre histoire, mon héritage et mon identité. J’ai l’impression de démarrer une sorte de quête personnelle avec les questions: qui suis-je? où vais-je? est-ce que je me reconnais dans le système dans lequel j’ai été formatée? qu’est que j’ai envie de voir évoluer ?(ma tête va cogiter cette année!) Pourtant, je ne me stresse pas pour avoir des réponses. Si elles viennent, c’est bien. Sinon ce n’est pas grave. Ce serait déjà pas mal si j’arrivais à lâcher prise.

Ces deux dernières semaines, dans les deux villes, il y avait beaucoup de monde et beaucoup d’information aussi, alors je me suis dis que j’aimerais bien être plus au calme les jours qui viennent. J’ai donc choisi ma prochaine destination en conséquence. Il s’agit du village paisible de Rincon del Mar. Il parait que c’est très beau et reposant. Alors demain j’y vais!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.